Voici le récit de notre première rando-ânes en août 2005 en Ariège.
Participants : Jean-Pierre et Chritine, Pauline, 4 ans 1/2, Baïla, 6 mois, et aussi Ecureuil
et Margot loués chez Couseranes à Betchat.
Ce récit était adressé à l'association de cavaliers randonneurs de Rieumes,
l'A.R.C.S., dont nous
faisons partie depuis une éternité !
Point de vue de (ex)cavaliers :
MAIS QUE FONT LES RAFFINS ? Ils pouponnent, ils pouponnent… Rien de neuf Mais aussi : ils randonnent, ils randonnent… Tient, tient…
RECIT D’UN DROLE DE COME BACK
Bon d’accord, il a fallut s’adapter à de nouvelles “contraintes”. Nous avions déjà essayé la formule vélo-cheval avec bébé de 9 mois : assez concluant. Mais difficile à adapter aux 4 ans ½ de l’ex bb et aux 6 mois du nouveau. Après avoir éliminé plusieurs formules aléatoires (2 vélos et 2 chevaux en longe…non ou 1 vélo, 1 cheval de selle et 1 cheval tenu en longe… et les bagages ?…non). Nous avons finalement accepté de sauter le pas et de mettre pied à terre, une décision déchirante pour des cavaliers randonneurs mais beaucoup moins pour des parents dont on connaît le goût du sacrifice… Des ânes ? D’accord : on achète, on dresse, on entraîne…stop… là, c’est JP qui m’arrête en plein élan et m’incite à faire plus simple : louons.
Nous trouvons un loueur à Betchat, Ariège. Paysage varié, ombragé, pas trop de dénivelé, des
itinéraires qui passent à peu près, une population ouverte et accueillante ( ?).
Avant de partir pour de bon, nous décidons de confronter nos rêves à la réalité et aux limites
enfantines. Départ pour une heure de ballade avec Margot. Baïla expérimente le tissu porte-bébé
souple et confortable pour porteur et porté.
Ca passe. Pauline est juchée sur Margot. Dix minutes après, elle y est toujours. 15, 20, 30 minutes,
le « je veux descendre, j’en ai marre » ne vient pas. Et nous ramenons Margot après trois heures
de ballade.
Nous prenons rendez-vous pour le 14 août et réservons 2 ânes.
Préparation du matériel. JP jette un œil en passant et trouve qu’il y en a un peu beaucoup. C’est
vrai que je me suis un peu lâchée sur les boîtes de conserve, et puis il y a les couches… Je commence
à douter moi aussi.
Le jour J, nous ouvrons timidement le coffre devant Sandrine la loueuse et guettons ses réactions :
rien. Bon alors au boulot ! Nous avons des bâts pyrénéens avec des caisses de bât faites maison en
liner de piscine très fonctionnelles mais bleu ciel ! C’est bien ces sacoches XXXL. Les charvins et
la tente prennent une orientation inhabituelle mais tout rentre sur le dessus. Deux petites cordes
en diagonale et ça tient. Simple et génial.
Ecureuil est prêt. Pauline retrouve Margot sur laquelle nous accrochons tout le matériel hors
gabarit (seau, gourde, chapeau, chaussures, ligne d’attache…). Elle porte aussi une paire de
saccoches ; à l’envers.
Et nous voilà partis, tout étonnés d’avoir évité les réglages fastidieux et il faut bien le dire, un peu nostalgiques de notre ancienne condition de cavaliers. Mais tout de suite, une constatation s’impose : quel calme ! Nous avons naturellement adopté un pas de promenade. Nous avons vite compris que tirer Margot était fatiguant et inefficace ; il valait mieux la pousser et JP a fait ça très bien avec Ecureuil derrière.
Première pause tétée : JP et Pauline partent vers une palombière. Ecureuil attaché s’agite puis se couche ! Aïe, ça commence. Vite, le relever avant qu’il ne se roule. Mais avouez qu’avec un bébé accroché à la mamelle… Je m’attends au pire. Cependant, il semble que la situation cesse d’évoluer. JP arrive, découvre le tableau, lâche un «Merde ! » et s’apprête à intervenir. Vous le connaissez : appels de langue, petits coups biens placés, aucun cheval ne lui résiste. Et bien un âne oui. Et il le comprend très vite, d’autant plus qu’il ne semble vraiment pas avoir l’intention de se rouler. OK, JP le détache et nous le plantons là en partant avec Margot. Bingo. Voyant ça, il se lève facilement et très souplement des quatre pieds en même temps et nous rejoint en allongeant simplement le pas.
A plusieurs reprises nous constaterons que ce qui aurait pu évoluer en catastrophe avec un cheval n’a aucune conséquence avec un âne. Ils nous font passer pour des inquiets chroniques. Du calme, respirez, profitez, détendez-vous. Autre différence : le regard des gens. Qui a peur d’un âne ? Apparemment personne. Cet animal inspire confiance. Nous sentons l’absence de cette distance qui s’installe parfois entre cavalier et piéton. Et puis nous couvrons du chemin. Lentement mais sûrement, nous faisons nos 10 à 15 km/jour. (Rigolez, j’en sais qui à cheval n’en ont fait que 7…).
- Pauline, tu ne descends pas un peu ?
- Nan.
- Tu veux pas te dégourdir un peu les jambes ?
- Nan.
Et de fait, elle ne descend qu’aux étapes. Elle prend ses marques et s’approche de plus en plus
de nos ânes. Elle leur fait des offrandes. Et nous nous étonnons de voir Margot s’arrêter de brouter
pour accepter une poignée d’herbe et même une touffe de mousse.
Pauline s’enhardit à saisir la longe
: d’abord timidement, prête à s’enfuir dès que l’ânesse la suit et de plus en plus fermement. Margot
se laisse faire un peu puis reprend sa liberté. Frustrant mais tellement éducatif…
JP s’est tout de suite très bien entendu avec Ecureuil : il marche vite, la tête au niveau de l’épaule, est très sensible et à l’écoute.
Un âne, c’est sobre. Du coup on peut envisager de bivouaquer sans eau. Et ça élargit considérablement l’éventail des possibilités ; nous trouvons des coins sympas sans avoir à trop chercher. Facile je vous dis. Un inconvénient cependant : le braiment. Margot a tendance le matin à nous activer un peu : ça commence par des petits grincements et … ça s’arrête car nous nous précipitons pour la détacher avant que « ça » n’explose et réveille les gosses.
Le quatrième jour, nous avons décidé de rapatrier Baïla qui n’avait plus l’air d’apprécier. Fatiguée sans doute ou un problème de dents… Je suis rentrée avec elle en laissant le père et la grande en tête à tête. Les nouvelles sont bonnes. Cette paire là semble très bien passer : accueil chez un couple d’allemand qui les ont invités à manger et à dormir (il pleuvait… !) et leur ont montré leurs lamas, alpagas et perroquets… A l’heure où j’écris, ils sont encore en route et bien décidés à aller au bout de ce qui était prévu. Nous attendons leur récit…
Vous l’aurez compris : les ânes nous ont conquis. Mais pourquoi s’emmerder à ce point avec les chevaux ; même le plus calme de nos randonneurs fait figure de fou furieux excité à côté d’un âne ! Seul inconvénient mais de taille : on n’est plus à cheval… Et puis j’admets que du point de vue esthétique…
Vous le redoutez à juste titre : il se pourrait bien que l’ARCS accueille une petite nouveauté dans quelques temps. Je vois d’ici la tête de vos chevaux (et des nôtres aussi d’ailleurs) et je les vois s’éparpiller et je rigole. Vous pouvez toujours essayer de les préparer, je sens que ça va déménager. J-Pierre et sa mule, ce sera rien à côté !
Parmi tous les récits à glaner sur le net, j'ai trouvé cleui-ci intéressant. Il répond à cette question : comment prendre sa juste place dans son environnement ? Jean-Charles a choisi le nomadisme, à la recherche des techniques de subsistance qui lui permettront de s'insérer dans l'équilibre naturel. Son compagnon : UN ANE... Avec Galopin, mon âne après un an de chemins
"Fait-maison" 2008 - L'Ane Vert - 06.86.75.90.63 -